Procrastination - Ces mots pour reporter à plus tard

Dessin d'un hamac Image par Creative Canvas de Pixabay

Par Hélène Bilodeau

Procrastination

« Procrastination », c’est un mot dont je trouve la sonorité laide et la prononciation barbare.

On entend pro comme professionnel et ensuite crasse ? Mais la crasse, c’est la « couche de saleté qui s’amasse sur la peau, les vêtements, les objets ».

Pro – crasse, pas étonnant que le mot procrastination soit rebutant !

Mais en fait, l’origine du mot procrastination n’a rien à voir avec la saleté. Ce mot vient du latin « pro » qui signifie « en avant » et « crastinus » « relatif à demain ». Il signifie donc une réalité bien ordinaire, celle de remettre à demain (ou à plus tard) des actions à faire.

Des mots pour procrastiner

Il existe des explications savantes à la tendance pathologique à remettre les choses à plus tard, mais je laisse ces interprétations aux psychologues, pour m’attarder au vocabulaire de la procrastination dans notre langage courant.

Procrastiner, c’est parfois ne rien faire, se pogner le beigne, chienner, faire la paresse, vedger ou, pour les Français, glander ou avoir la flemme.

On associe cette procrastination à la paresse. Ceux et celles qui ont eu une éducation catholique traditionnelle se souviendront que la paresse faisait partie des « Sept péchés capitaux » de l’Église catholique. On ajoutait même que « l’oisiveté est la mère de tous les vices » !

(Bien sûr, d’autres ont fait l’éloge de la « farniente ». « Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver », chantait Henri Salvador en 1965 et le Cajun Zachary Richard interprétait « Travailler c’est trop dur… »)

La procrastination ou l’inaction d’une personne peut avoir bien d’autres causes que la paresse.

Par exemple, lorsqu’on ne sait pas trop quoi choisir ou comment faire, on peut hésiter, branler, niaiser, téter, zigonner, taponner, ou dit avec des mots plus littéraires, tergiverser, ou atermoyer.

On peut avoir trop de chose à faire et besoin d’une pause, d’un break ou d’un répit, lorsqu’on manque de motivation et d’énergie par fatigue, épuisement, écœurantite aiguë, ras-le-bol, ennui, lassitude ou état dépressif.

Il peut aussi s’agir d’une forme de motivation négative : la rébellion, qui consiste à ne pas faire quelque chose juste parce que c’est ce qui est demandé, une façon de résister, avec des mots comme s’entêter, s’obstiner, boquer, ruer dans les brancards, fuir, se dérober, éviter, éluder.

Bon été !

La procrastination, c’est reporter à plus tard, et ce « plus tard », c’est peut-être après les congés. D’ici là, je vous souhaite de belles vacances, à profiter de la nature, à se divertir, s’amuser ou se distraire, à rêver, à méditer, à rire, à avoir du fun et à vivre le moment présent.

 

Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, Été 2026.

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