Stephen Valade M. Stephen Valade, directeur de la sécurité incendie et de la sécurité civile. Crédit photo: Réjean Gouin.

Par Réjean Gouin

Au cours des dernières années, le Québec a subi plusieurs catastrophes. Que ce soit d’ordre naturel, accidentel ou de négligence, le fait est que notre quartier n’en est pas à l’abri. Qu’on pense aux inondations à répétitions, aux accidents de train comme à Lac-Mégantic ou aux nombreux carambolages sur les routes du Québec souvent causés par l’inattention des conducteurs. Tout ceci pourrait un jour ou l’autre se produire sur notre territoire.

En ce qui concerne les inondations, nous avons pu réaliser par le passé que la Ville de Rouyn-Noranda avait mis en place plusieurs outils pour aider à s’y préparer. Les riverains sont, pour la plupart, familiers avec le site de la Ville qui fait état du niveau des cours d’eau pouvant causer des dommages aux biens des résidents. Est également disponible sur le même site le guide de référence : « Que faire avant, pendant et après une inondation ».

Quelques maisons du village d'Évain
Évain est construit le long de la voie ferrée et de la route 117. Crédit photo : Jacques Archambault.
 

Rencontré à son bureau, M. Stephen Valade, directeur de la sécurité incendie et de la sécurité civile, nous a fait part du niveau de préparation des services d’urgence en cas de catastrophes dans notre quartier.

Fait important : le gouvernement provincial a obligé les municipalités à se munir d’une structure en sécurité civile en adoptant le « Règlement sur les procédures d’alerte et de mobilisation », soit un plan qui devait être fait avant le 19 novembre 2019. La Ville de Rouyn-Noranda avait déjà son plan d’intervention mis à jour régulièrement et elle s’est conformée au règlement avant la nouvelle échéance.

En tout premier lieu lors d’une alerte, il incombe au responsable du 911 de déterminer qui appeler : pompiers, policiers, ambulanciers ou autres. Il doit également déterminer l’urgence de l’alerte. Plusieurs scénarios sont déjà prévus et les gens du 911 suivent une procédure automatique selon le degré de l’alerte en question.

Les premiers intervenants

Les premiers intervenants sont souvent les pompiers (le quartier Évain en compte une vingtaine) et ils sont, la plupart du temps, alertés n même temps que ceux du centre-ville. Pour un incendie ou un déversement le long du chemin de fer, ils vont également suivre une procédure dûment établie (les pompiers volontaires doivent suivre une formation qui totalise entre 425 et 450 heures dans les premiers 48 mois de leur engagement).

Si le besoin d’évacuation de personnes est inévitable, ils font appel au service de la Croix-Rouge canadienne Québec section Abitibi qui va assister les gens évacués pour ce qui est de l’hébergement, de l’habillement, de l’alimentation et du réconfort. Ces bénévoles de la Croix-Rouge sont équipés et entraînés à fournir une oreille attentive aux besoins des gens pris au dépourvu pour les diriger vers les différents services disponibles.

Si les services d’urgence font face à un évènement majeur, il est possible pour eux de réclamer l’intervention du « Comité municipal de la sécurité civile », celui-ci étant constitué de responsables des différents départements de la Ville de Rouyn-Noranda. Ce comité peut être mis en place à n’importe quel moment de façon à répondre rapidement à tout besoin autre qu’une situation de base (besoin d’équipement de voirie, santé, aide psychologique ou autre).

Possible déraillement

Pour ce qui est d’un possible déraillement près des maisons à Évain, plusieurs règlements sont mis en place pour les prévenir : inspection obligatoire et régulière par la compagnie de transport de la condition des rails et rapport annuel au Service de sécurité civile en ce qui concerne les différentes matières transportées, de façon à ce que les gens puissent être prêts à intervenir efficacement au besoin.

Malgré tout, si un déraillement venait à survenir, les pompiers présents sur les lieux sauraient à quelle matière ils ont affaire et comment intervenir. D’abord parce qu’ils ont une formation adéquate, mais aussi parce que tous les véhicules d’urgence sont munis d’un « Guide d’intervention d’urgence pour le transport de matière dangereuse par train ou sur la route ». Ce guide facilite l’identification des matières dangereuses impliquées, par la forme du transport et les avis consignés sur le véhicule. Cette information et la consultation du guide en question leur donnent une image exacte du risque pour la santé, du danger d’explosion et de l’étendue du périmètre à sécuriser.

Un train à l'arrêt près d'Évain
Transport de matières dangereuses par train. Crédit photo : Louise Villeneuve.

Plusieurs résidents d’Évain s’interrogent sur la présence de matières toxiques dans les wagons qui passent tous les jours dans notre quartier. Il faut bien avouer cependant que tout aussi dangereuses, et même plus fréquentes sont les matières toxiques transportées par les camions qui traversent notre agglomération.

Produite à la hauteur de 640 000 tonnes annuellement par la fonderie Horne et transportée par la compagnie ferroviaire Ontario Northland Railway, l’acide sulfurique est de ces matières qui passent par chez nous. À la suite de plusieurs déraillements catastrophiques, le gouvernement a rendu obligatoire l’utilisation de wagons plus sécuritaires pour le transport de ce genre de matières au début de la présente décennie. Malgré tout, s'il est répandu, l’acide sulfurique ne s’enflammera pas, il est hautement corrosif et peut entraîner des brulures graves s’il y a contact avec la peau. De là l’importance pour les pompiers d’installer un périmètre de sécurité, si besoin est.

Il est rassurant de considérer l’engagement des intervenants dans tous les secteurs publics pour la sécurité des citoyens de notre quartier.

Préparation des résidents

Tout aussi important est le niveau de préparation des résidents eux-mêmes. Comment pourriez-vous faire face en cas de catastrophe ? Si on vous demandait de rester chez vous sans aucun service d’eau ou d’électricité, seriez-vous en mesure de résister pour les 72 heures recommandées ?

Et si la Ville, devant une situation d’urgence, avait à aviser ses citoyens, êtes-vous de ceux qui sont enregistrés au programme SAM (Système automatisé de messages) ? L’inscription est facile, il suffit de se rendre sur le site de la Ville pour suivre une procédure simple. Ce geste vous permettrait de recevoir les messages émis par la Ville par téléphone, courriel et SMS.

Comme M. Stephen Valade, directeur de la sécurité incendie et de la sécurité civile, nous le disait en entrevue, rien en dessous de 100 % de gens inscrits ne saurait le satisfaire.

Des gestes simples et efficaces qui assureraient aussi notre sécurité à tous.

 

Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, février 2020.

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