Vivre à Bleu Horizon, par Réjeanne Gaudet, Claire Godard, Rollande Paré et André Bergeron

Bleu Horizon Résidence Bleu Horizon, Rouyn-Noranda

Par Diane Gaudet Bergeron

Une résidence pour retraités

J’ai rencontré quatre personnes qui ont choisi de vivre à la résidence Bleu Horizon et j’ai voulu en savoir davantage sur le pourquoi de leur choix.

L'édifice Bleu Horizon est une résidence pour retraités située au centre-ville de Rouyn-Noranda. Voici les entrevues avec mesdames Réjeanne Gaudet, Claire Godard, Rollande Paré et monsieur André Bergeron.


Réjeanne Gaudet
Réjeanne Gaudet

Voici donc que je rencontre en premier madame Réjeanne Gaudet (aucun lien de parenté avec moi). Celle-ci habite le complexe depuis le 19 septembre 2014. Elle est enchantée d’y habiter. Cela répond exactement à ses besoins. Elle dit : « C’est comme habiter un hôtel de luxe ». C’est ce qu’elle a toujours désiré dans ses rêves.

Femme de public, elle dit pouvoir exploiter son potentiel, elle qui vient d’écrire une pièce de théâtre. La fameuse pièce dont Louiselle nous entretiendra. Elle est très fière d’ailleurs des commentaires des journalistes de l’émission Salut-Bonjour.
(Voir la page : L’ultime Sketch, une belle réussite)

C’est un endroit merveilleux. Elle rend grâce à tous les jours d’avoir la possibilité d’y habiter. Elle dit : « Habituellement, ce sont les parents ou grands-parents qui vont voir les enfants mais maintenant c’est l’inverse. Ce sont eux qui viennent nous visiter ».

Ne possédant plus de véhicule, elle n’en a pas besoin. Elle n’a pas vraiment à sortir. Elle trouve tout sur place. Elle aime beaucoup les 5 à 7 du vendredi soir entre autres. Tous autour du piano, sirotant un cocktail, c’est une vie de rêve. J’ai voulu savoir si effectivement ses besoins étaient comblés. « Oui, tous ont été comblés, principalement la sécurité. Ne pas vivre toute seule en vieillissant c’est un gros plus. Avoir un médecin et une infirmière qui viennent sur place. Manger un bon repas équilibré tous les jours en bonne compagnie. Avoir accès à la piscine, la coiffeuse, le centre de conditionnement, les cours de toutes sortes, ça permet de continuer à exploiter notre potentiel ».

Elle trouve que les locataires sont très respectueux, sont bien habillés, saluent les gens qu’ils rencontrent. Le personnel également est très attentionné. Il y a sur place un livre d’or où les visiteurs de marque ainsi que les artistes, signent à leur passage. Elle dit : « C’est fait avec classe et avec goût. » Selon elle : « Les gens qui vivent seulement de leur pension du Fédéral ne pourraient pas y vivre. »


Claire Godard
Claire Godard

J’ai par la suite rencontré Claire Godard qui demeure dans ces lieux depuis mai 2015.

Ça répond exactement à ses besoins elle aussi. Elle s’ennuyait seule à la maison. Elle apprécie le groupe et l’animation s’y rattachant. Pour elle, la sécurité des lieux est très importante. Manger un bon repas tous les jours à la même heure fait une différence dans sa vie, car toute seule, c’est difficile d’être motivée à se cuisiner des mets équilibrés.

Un groupe de 200 personnes ce n’est pas dérangeant ? « Oui, des fois ça aiguise la patience mais il faut se mêler de nos affaires et se tourner la langue sept fois avant de parler. Je pense qu’il faut communiquer avec les autres avec respect. D’ailleurs, nous avons notre logement, nous ne sommes pas toujours obligés de vivre en groupe. »

Est-ce que les coûts sont acceptables ? « Oui, lorsque nous calculons tout ce que nous n’avons plus à débourser, c’est abordable. Lorsque je dis abordable, il faut avoir un autre revenu que notre pension ». C’est d’ailleurs son cas. Claire est allée y demeurer à la suite de la vente de sa maison.


Rollande Paré
Rollande Paré

J’ai rencontré aussi Rollande Paré. Qui se dit aux anges de pouvoir habiter ce magnifique hôtel de luxe. Femme positive, elle se dit bien entourée. Elle a bien des possibilités de se changer les idées. Elle est impliquée. Elle a d’abord trouvé un endroit sécuritaire, joli, un repas bien balancé tous les jours, des gens qu’elle dit retraités et non des personnes âgées et tant qu’à elle « tout est dans l’attitude ».

Elle fut rien de moins que directrice de plateau dans la fameuse pièce de théâtre, elle est bénévole à la bibliothèque, fait partie du comité des résidents, sur le comité des activités sociales, fait partie du groupe Entre Amis, on peut dire qu’elle n’a pas le temps de s’ennuyer.


André Bergeron
André Bergeron

Finalement, j’ai rencontré monsieur André Bergeron (aucun lien de parenté avec moi). Celui-ci y habite depuis le 28 octobre 2014. C’est pour lui un choix de vie. Il dit : « moi je n’ai pas attendu qu’on me « parque » à quelque part, j’ai fait mon propre choix. Je vivais tout seul au bord de l’eau et à la suite de quelques chutes, j’ai pris la décision de vendre et de m’installer au cœur de la ville. Même si j’ai eu beaucoup de peine de quitter ma maison ».

« C’est merveilleux. J’ai mon stationnement sous-terrain, j’ai un magnifique appartement. Le personnel est très gentil. J’aime regarder le hockey en gang. J’ai la sécurité, je mange bien. » Il trouve que la vie le gâte. Lorsqu’il a pris la décision de vendre sa maison au bord de l’eau, il a vu l’édifice de Bleu Horizon en construction. Il s’est alors dit : « c’est ici que j’emménage. J’aurai tout à ma portée. »

À ma question à savoir, si un si grand groupe pouvait le déranger, lui qui vivait seul, il répond : « Non, ça ne me dérange pas du tout. Je suis avec le groupe quand je veux et dans mon appartement quand je veux aussi. Les gens, c’est un peu comme la nourriture. Nous ne sommes pas obligés de tous les aimer. C’est comme les repas. Avec un choix de trois menus par jour, il nous suffit de choisir ce que nous aimons. »

Il est impliqué par ses photos. Photographe amateur, il est une bonne référence pour le groupe et c’est pour lui une belle activité.

Parlons un peu de prix : un 3-1/2 coûte 1 800 $ par mois comprenant le stationnement intérieur. Un loft coûte 1 380 $ par mois avec un stationnement extérieur. Les prix varient selon l’étage où les gens habitent et la grandeur des appartements. À ce montant s’ajoute les coûts de buanderie et les deux autres repas par jour que les locataires doivent se cuisiner ou prendre dans les restaurants avoisinants. C’est donc dire que la vie d’hôtel n’est pas donnée.

 

Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, octobre 2015.
Crédit photos : Diane Gaudet Bergeron

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