| Par Jocelyne Mayrand | Édition décembre 2010 |
Le 23 octobre dernier, l’AMECQ* tenait un colloque à Québec sur l’avenir des médias écrits communautaires. Deux points ont été abordés : le virage Internet et la relève. Une centaine de personnes de différents coins du Québec et même des autres provinces canadiennes y prenaient part.
Avec la progression rapide des technologies, Internet fait partie
des plateformes de diffusion de l’information. Dans quelle mesure ce
médium répond-il aux besoins d’information nationale, régionale ou
locale? Les panélistes invités ont fait ressortir que dans un mode
de compétitivité l’utilisation de cette plateforme est
indispensable. Pour les journaux quotidiens et les hebdos, il faut
capter l’intérêt des lecteurs et constamment alimenter les sites de
nouvelles pour les fidéliser. Les panélistes semblaient toutefois
d’accord sur le fait que les journaux communautaires oeuvrent dans
un créneau particulier.
Comme le journal communautaire d’Évain, des dizaines de journaux à
travers le Québec publient de l’information locale que l’on ne
retrouve nulle part ailleurs. Ces journaux d’information de
proximité, majoritairement publiés mensuellement, se retrouvent dans
les régions, souvent dans de petites communautés et même dans des
quartiers de grandes villes.
La distribution en format papier de ces journaux répond à un besoin
de proximité et même d’intimité avec le lecteur. La compétition sur
le traitement des nouvelles et de l’actualité est pratiquement
inexistante. L’utilisation d’Internet demeure un outil de promotion,
un complément et peu même devenir une plateforme de consultation et
d’échanges.
D’autres développements durant les prochaines années pourraient
avoir une influence sur l’utilisation du Web : l’augmentation du
coût du papier et d’impression et l’accès à Internet sans
restriction dans tous les coins (et recoins) du Québec.
Un autre défi de taille doit aussi être relevé par les journaux
communautaires: assurer la relève. Présentement l’engagement
communautaire mobilise principalement des personnes dont l’âge
avoisine celui de la retraite. Même si le bénévolat semble en perte
de vitesse, les préoccupations des générations plus jeunes visent
encore et toujours l’amélioration de la qualité de vie.
Ce qu’il ressort des expériences des panélistes sur la relève, c’est
que les valeurs d’engagement et de justice sociale sont très
présentes chez les jeunes. Des équipes trop hermétiques bloquent
l’intégration de la relève. Il est important de laisser la place aux
nouvelles idées.
L’utilisation des nouvelles technologies représente un défi pour les
aînés et un attrait pour les plus jeunes. Faire connaître la presse
communautaire dans les écoles, Cégep et universités et proposer des
stages peut engendrer des collaborations et susciter l’intérêt. Il
est profitable de garder le lien (Web) avec des étudiants qui
quittent leur communauté pour compléter leurs études. Ce contact
peut favoriser l’engagement lors de leur éventuel retour.
Ce sur quoi tous s’accordent c’est qu’assurer la relève doit
demeurer une préoccupation constante. La presse communautaire existe
pour, par et avec les gens d’une communauté!
* AMECQ = Association des médias écrits communautaires du Québec
Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, décembre 2010.
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