| Par Nicole Archambault | Édition janvier 2012 |
Récit de voyage : stagiaires en sciences infirmières au Sénégal (suite)
Voilà l’année 2011 qui tire à sa fin. Je tourne une nouvelle page dans ma vie et je le fais avec vous chers lecteurs et lectrices.
Ici se termine mon récit de la mission humanitaire UQAT Sénégal 2011. Vous m’avez suivie tout au long de l’année 2010-2011, soit les préparatifs d’une telle mission, mon vécu et le retour.
À mon dernier article, je vous ai laissés au jour 27, soit la dernière soirée au village de Thiaré qui fut tout un succès.

Émilie et Joannie
C’est le grand départ du village. Inutile de vous dire que c’est très émouvant. Les émotions sont à leur comble et beaucoup de gens nous attendent pour nous faire leur adieux, c’est très touchant. Et ce n’est pas sans larmes que le tout s’est fait. Allez hop, l’autobus nous attend, direction Sallé M'Bour dans une petite auberge pour nous préparer au retour dans nos vies respectives. Voilà ce que cela veut dire pour moi : je me dois de me préparer pour la réalité du retour. Cette mission m’aura changée dans beaucoup d’aspects de ma vie.
J’en ai donc profité pour échanger, écouter, regarder, m’imprégner du moment présent. Même si c’était un défi de taille, je n’étais pas encore prête à repartir. Durant un débriefing, le chef de mission nous a clairement demandé qui serait resté deux semaines de plus. J’étais l’une de ceux-là. Oui, mon corps était prêt à repartir mais pas ma tête. Je n’avais pas encore assez donné.
C’est là que le choc du retour, communément appelé choc culturel, a commencé à s’installer et je ne savais pas trop comment vivre avec.
Mon dernier réveil en terre africaine. Wow! Est-ce que je réalise ce qui se passe ? Oui très bien, je serai chez moi, dans mon petit confort douillet dans moins de 48 heures.

Pauline et Louise, pêche en haute mer à Sallé M’Bour

Moi et deux copains au retour de la pêche en haute mer à Sallé M’Bour
Nous quittons la ville de Sallé M'bour à 1 heure du matin en autobus direction aéroport de Dakar pour reprendre une autre avion, direction Casablanca où nous avons attendu plusieurs heures pour finalement prendre une autre avion qui nous ramènera, mes collègues de mission et moi au Québec. Ce fut une journée remplie d’émotions, d’insomnie et de « maintenant que vais-je faire ? » Nous avons été 35 participants pendant 31 jours, pratiquement collés les uns sur les autres, à travailler dans des conditions pas ordinaires. Là, je reviens dans mon petit confort douillet, vivre à deux, et pour moi le choc du retour s’installe. Je reviens chez nous dans l’abondance de tout. Pour m’en sortir, j’ai dû me laisser porter par la vie pendant plusieurs mois, étant incapable de déchiffrer ce qui se passait en moi.

L’équipe de la Mission-Sénégal 2011
Plusieurs mois plus tard, la fatigue du retour réglée avec du sommeil et le vide intérieur quasi comblé, je réalise qu’écrire pour le journal m’a été d’un grand soutien. Replonger dans le quotidien de la mission, les émotions, les joies et les peines m’ont fait voir que oui, je suis bien ici au Québec, sauf que je serai à tout jamais changée. Oui, je retournerai faire une mission humanitaire. Quand et où, je n’en sais trop rien. Qui sait, ça pourrait être dans ma propre province. La mission UQAT Sénégal 2011 m’a transformée. Je crois que j’en aurais encore pour plusieurs articles, mais bon, toute bonne chose a une fin, ma vie continue.
Je vois bien que le premier but de cette mission, à part d’aller travailler et donner du temps, c’était aussi d’aller au bout de moi-même, de pousser mes limites au maximum et je l’ai fait.
Mon deuxième but était de vous raconter comment on se prépare pour une mission humanitaire. Écrire n’étant pas vraiment ma passion, ça m’a permis de me réaliser et de me prouver que je pouvais le faire.
Le troisième but était de faire une différence, d’aider, que ce soit au niveau du groupe ou du village où nous étions. Je suis convaincue d’avoir réussi.

Moyen de transport, Magalie à gauche et Katy à droite
Cette mission a été ma raison de vivre pour ma première année de retraite. J’ai tellement appris, rencontré tout plein de gens et approfondi plein de choses. Je comprends que je me dois de prendre la place qui me revient, de mettre mes limites et surtout de les exprimer : un défi personnel que je relève jour après jour depuis mon retour. Ce n’est pas parfait, mais je vous assure que j’y travaille et que je m’assume.
Par le biais de mon article, je prends donc le temps de vous dire merci à vous tous et toutes qui m’avez lu, encouragé avant, pendant et après. Un gros merci très très spécial à tous les membres de cette mission de m’avoir permis de vivre avec eux pendant ces 12 mois, de m’avoir accepté tel que j’étais.
Ce dernier article a été fait avec mon cœur et c’est en toute simplicité que je vous laisse. Vais-je écrire à nouveau ? J’en ai aucune idée. Je laisse la vie se charger de me diriger là-dedans. Ce que je sais, c’est que j’ai bien aimé cette expérience. Un merci tout spécial à Mélanie, qui a bien su m’écouter et me guider dans mon écriture.
Je vous dis bonjour et là je continue ma vie.
Sénégalement vôtre,
Nicole Archambault

Dans l’avion Casablanca-Montréal

Le dernier petit trajet Montréal-Rouyn
P.S. Rendez- vous sur YouTube
MISSION STAGE SÉNÉGAL 2011 pour une présentation de l’équipe sur
le terrain. Un beau 6 minutes haut en couleur!
Le samedi 10 décembre dernier a eu lieu le lancement du documentaire
monté par Mylène Iborra, la vidéaste qui nous a accompagnés tout au
long de notre mission.
Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, janvier 2012.
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