| Par Nicole Archambault | Édition décembre 2011 |
Dernière semaine de travail, au menu : préparatifs pour le retour au Canada. Quand j'écris préparatifs, pour moi ca veut dire un retour au quotidien dans l’abondance et c’est là que mon cerveau bogue.
Au niveau du travail, c’est toujours la même routine, sauf que cette semaine, il y a un dermatologue et un pédiatre (qui donnent de leur temps) sur place à raison d’une journée pour faire des consultations.
Je vous ai fait mention au dernier article que mon corps allait me parler, et bien ça se passe ici. J’ai eu l’honneur de me faire une entorse lombaire et là, j’ai compris combien j’étais vulnérable. J’ai eu droit à la soupe de malade, au repos et bien sûr, à de l’écoute parce qu'on le veuille ou non, la panique veut s’installer. J’étais assez loin de mes proches et je ne voulais surtout pas ralentir le groupe.
Je profite donc de cette semaine, au maximum de ma capacité, pour écouter, regarder et sentir ce qui se passe (de toute façon, mon corps n’avance plus). Autant profiter de ce que j’ai, tout en soignant mon dos.
Petite parenthèse : je réalise que je suis tout près du dernier compte rendu de la mission et ça me chavire. En écrivant tout ça, je revis tout plein de belles émotions. On dirait que je suis arrivée hier.

Il fait un beau 47 degrés à l’ombre et la guérison de mon corps se poursuit toujours. C’est toujours un peu la même routine de travail, toujours ponctuée de pannes d’électricité. Ah! Voilà un sujet que je n’avais pas abordé, la fameuse électricité, que je prenais bien souvent pour acquise. À Thiaré, c’est quelque chose. Certains jours, il y en a quelques heures, d’autres pas du tout. Pour les villageois de Thiaré, ça ne semble pas trop les affecter, étant donné qu’ils n’ont pas beaucoup d’accessoires électriques tels poêles, frigidaires, etc. Mais pour nous c’est différent. Les ventilateurs s’arrêtent, alors il fait une chaleur cuisante dans les petits locaux de consultations, il fait pénombre (sort ta lampe frontale) et là, si ça dure plus d’une journée, c’est le congélateur qui se réchauffe. Mais comme nous sommes toujours chanceux dans notre malchance, l’électricité revient toujours au bon moment. J’en parle parce c’est comme ça, mais ce n’est pas quelque chose qui m’a désorganisée énormément. S’il n’y en a pas, il n’y en n’a pas, alors pourquoi me mettre en colère ? Disons que j’ai beaucoup apprécié ma lampe frontale rose (ma couleur préférée).
J’ai aussi eu l’immense privilège de travailler auprès de l’assistant de Boubakar (l’infirmier chef du village). Il s’appelle M. Boukum et son travail consiste à faire les pansements, les injections et les prises de sang, quand il y en a, ainsi que les suivis nécessaires à la bonne guérison. Il travaille avec ce qu’il a et quand nous partirons, son armoire à pansements sera beaucoup mieux garnie pour quelques temps.
Je me colle sur les gens pour jaser, rire et je continue de siester l’avant midi et l’après midi pour permettre à mon corps de récupérer.
Cet après-midi, nous nous affairons à faire le décompte des médicaments, le ramassage, le nettoyage et commencer à plier nos bagages personnels.
Les préparatifs du départ continuent et nous avons quelques petites visites au menu, soit la visite du village et une excursion en charrette, pour voir une forêt où poussent les arbres à acajou, avec une pièce de résistance : les préparatifs de la soirée et les cadeaux pour nos bénévoles sénégalais. Alors, petite fête ce soir avec un souper québécois et sénégalais. Je fais partie de l’équipe du repas québécois : macaroni à la viande, salade césar, petits pains à l’ail avec un gâteau léger.

Je prends le temps de vous le décrire parce que ça nous a pris toute la journée pour ces préparatifs. Nous sommes dans un village où il y a de l’électricité par intermittence. Sous la direction de Marlène, accompagné de Denis, Élisabeth, Carole, moi-même et le cuisinier M. Diallo, nous nous affairons à tout concocter : wow! Un souper de roi.
Pour les bénévoles sénégalais, leur festin est préparé par les cuisinières. Le tout fut accompagné d’une cérémonie de remise de certificats et de cadeaux pour les bénévoles qui nous ont épaulé durant les trois semaines de notre séjour, suivi d’une soirée d’échanges. Nous avions préparé une danse en ligne qui a été très bien exécutée et, de notre côté, ce fut une grande joie d’écouter leur musique.
C’est demain le jour J, alors je commence tout de suite mes adieux avec des photos et des accolades avec plein de gens. Malgré notre barrière de langage, on vient toujours à bout de se comprendre.
Ici, se termine l’avant-dernier article. Il y a tellement de choses à dire encore mais bon, j’en aurais encore pour plusieurs heures, mais toute bonne chose doit avoir une fin. Je vous donne donc rendez–vous pour la dernière scène Mission Sénégal UQAT 2011 en janvier 2012.
Passez de Joyeuses Fêtes.
Sénégalement vôtre
Nicole Archambault

Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, décembre 2011.
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