Notes de lecture: Mille petits riens

Mille Petits Riens

Par Julianne Pilon

Dans Mille petits riens, la célèbre auteure Jodi Picoult explore les racines profondes du racisme envers les Noirs. C’est un roman touchant où les petits riens qui ne semblent pas graves, jour après jour, peuvent faire mal aux victimes. D’autre part, l’auteure essaie d’expliquer la façon de penser des suprémacistes blancs, comment ils en viennent à penser que les Noirs valent moins qu’un singe.

Ruth Jefferson, une femme noire, est une sage-femme depuis plus de vingt ans. Elle travaille dans un hôpital. C’est une employée modèle. Elle est appréciée et respectée de tous, aussi bien de ses collègues que des mamans qui viennent accoucher. Ce jour-là, sa vie va basculer.

Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, se présentent à l’hôpital. Brittany va accoucher. C’est le grand jour. Eux aussi, leur vie va basculer. Un beau petit garçon qui semble en santé vient au monde. Ruth est chargée de s’en occuper. Réalisant que la sage-femme est noire, les jeunes parents s’insurgent. Il n’est pas question que Ruth s’approche du petit Davis. Ils font inscrire au dossier une note interdisant qu’aucun soignant africain-américain ne soit autorisé à s’occuper de leur bébé.

Malheureusement, le petit présente des signes de malaises cardiaques. Lorsque la crise survient, Ruth est seule avec le bébé. Doit-elle s’en occuper malgré l’interdiction ? Lorsque le médecin arrive, le petit Davis décède.

Pour Turk et Brittany qui sont dévastés, c’est Ruth la responsable. Ils portent plainte et lui intentent un procès.

Kennedy est une jeune avocate de la défense publique. Elle s’occupe surtout des personnes démunies. Lorsqu’elle rencontre Ruth, elle reconnaît là un cas difficile. Cette dernière n’est-elle pas condamnée d’avance à cause de sa couleur ?

Elle tente de convaincre sa cliente de faire un procès basé sur son expérience de sage-femme, de son professionnalisme, de sa compétence et sur les problèmes de santé du bébé en faisant abstraction de la couleur de Ruth. Sous l’influence de sa sœur, activiste noire qui voit là une accusation raciste, Ruth s’oppose à cette défense. C’est à cause de sa couleur qu’elle est accusée alors qu’une sage-femme blanche n’aurait pas été inquiétée.

Pour elle qui a toujours fait profil bas, qui s’est dévalorisée, qui a perdu confiance en elle, qui a toujours enduré les mille petits riens ségrégationnistes, c’en est trop. Elle en a assez de céder sa place dans l’autobus, de se faire discrète dans la file au guichet, d’être la dernière servie au restaurant ou dans les boutiques, d’être soupçonnée de vol si elle s’éloigne de la caisse, de devoir travailler plus que les blanches, d’entendre des injures, d’avoir peur de marcher seule, de subir tous ces mille petits riens racistes.

Ruth réussit à convaincre Kennedy, son avocate, de mener sa défense pour les vraies raisons. Comment tout cela finira-t-il ?

Un roman rempli d’émotions, intelligent, bien écrit et rythmé. Une histoire qui vous touchera tout comme Ma vie pour la tienne dont on a fait un merveilleux film. Mille petits riens de Jodi Picoult est publié chez Actes Sud.

 

Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, mai 2019.

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