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Journal communautaire, par et pour la population d'Évain (Québec, Canada), depuis 1977
 

Citoyennes à part entière
pour toute la vie

Louiselle Luneau, du Comité de coordination du Regroupement de Femmes de l’Abitibi-Témiscamingue Édition été 2010

 
Le 7 mai dernier, la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) présente à Rouyn-Noranda, a offert une journée de réflexion sur la situation des femmes aînées. Environ 35 personnes ont participé à cette journée organisée par le Regroupement de Femmes de l’Abitibi-Témiscamingue (RFAT).

L’objectif général de leur projet portant sur les aînées est d’accroître la capacité de ces dernières à identifier et contrer les obstacles qui les empêchent de bénéficier d’une réelle sécurité ou autonomie économique et d’exercer véritablement leur citoyenneté. Dans cette perspective, le projet veut rejoindre un certain nombre d’aînées, les sensibiliser et les outiller afin qu’elles puissent agir sur leur situation propre et transmettre leurs connaissances à d’autres.

Savez-vous que les femmes forment la majorité des personnes âgées ?

Au Québec, 58% des personnes âgées de 65 ans et plus sont des femmes et la proportion des femmes augmente avec l’avancée en âge : on compte deux femmes pour un homme chez les 80 ans et plus, alors qu’il y a cinq femmes centenaires pour un homme. Que sait-on de ce groupe social que constituent les femmes âgées ? Quel rôle ou quelle place les aînées occupent-elles réellement dans notre société ? Quel intérêt existe-t-il du côté des recherches, des mouvements sociaux, des partis politiques ou autres à mieux connaître qui sont ces femmes ?

D’emblée, nous pouvons affirmer que les femmes ne vieillissent pas de la même façon que les hommes étant donné la différence de leurs expériences ou trajectoires de vie. Les parcours de vie des femmes (travail rémunéré et secteurs d’emploi occupés, tâches domestiques et responsabilités familiales, présence sur la scène politique et représentation publique) sont marqués par des inégalités de genre qui ont des conséquences sur leur vieillissement. Les femmes aînées sont plus pauvres que leurs vis-à-vis masculins. Elles continuent en très grand nombre d’assumer bénévolement la responsabilité des soins aux proches et de s’impliquer dans plusieurs activités de bénévolat dans leur communauté.

Tout au long de la journée, les femmes présentes ont travaillé à élaborer différentes pistes d’action pour améliorer la situation économique des femmes :
- améliorer les régimes publics de retraite parce que les mesures privées sont inadéquates et moins accessibles aux femmes qu’aux hommes;
- reconnaître la valeur du travail effectué dans les régimes publics de retraite;
- réduire les écarts de revenu entre les femmes et les hommes pendant la vie active puisque ce sont ces revenus qui déterminent en grande partie les revenus à la retraite.

D’autres pistes d’action ont été soulevées pour contrer la violence faite aux personnes âgées et dénoncer les situations de violence que ces personnes peuvent vivre. Il faut se rappeler que le silence est néfaste.

En conclusion, cette journée a permis à toutes les personnes présentes de constater qu’il y a encore des inégalités entre les femmes et les hommes, que nous devons continuer à tout faire afin de corriger cette situation et de reconnaître que les femmes sont des citoyennes à part entière pour toute la vie.

 

Article paru dans le journal Ensemble pour bâtir, été 2010.


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